Pendant plus de deux ans, la chanteuse et violoniste Aïda Nosrat, le guitariste Olivier Kikteff et
l’accordéoniste Antoine Girard explorent l’esprit manouche dans six pays (France, Belgique, Pologne, Hongrie, Italie et Espagne) en rencontrant des musiciens locaux et venus de l’exil. A l’issue de ce voyage à travers l’Europe, les trois artistes décident que Common Routes deviendrait un projet porté par l’unique voix d’Aïda.
Aïda Nosrat, iranienne de parents azéris, s’est installée en France en 2016 pour travailler librement son parcours soliste ou les projets Manushan et Atine, Elle avait découvert en Iran les musiques manouches, en les explorant sur YouTube. Elle y a repéré Olivier Kikteff, leader du groupe Les Doigts de l’homme. Et celui-ci a proposé de faire appel à Antoine Girard, au bagage musical également très large. Ensemble, ils composent quelques thèmes et construisent des arrangements autour de pièces traditionnelles
iraniennes, azéries ou kurdes. Comme des Gitans ont pu le faire jadis, le trio emmêle, transforme,
bouleverse un matériau moyen-oriental dans une Europe ouverte à tous les vents. Une musique
manouche ? Plutôt un esprit, une pratique, un entendement tsigane dans le refus de l’immobilité.
« Je n’avais pas envie d’un cadre, ni iranien, ni occidental, ni jazz, ni traditionnel », confirme Aïda. Et, de fait, la musique de Common Routes se déploie dans un perpétuel ailleurs où, pourtant, chaque lignée peut trouver des éléments familiers.
Pour l’enregistrement de l’album Common Routes ils ont complété le trio avec le percussionniste iranien Naghib Shanbehzadeh. Ensemble, avec Aïda Nosrat au chant et violon, Antoine Girard à l’accordéon et Olivier Kikteff à la guitare et au bouzouki, les quatre musiciens ont créé un nouvel univers : un monde où les sons ne se rattachent pas aux frontières politiques, mais à nos racines humaines et communes.
